Barcelone, avant et pendant la guerre en Irak :

quelques pistes d'analyse pour cerner les liens entretenus
entre les mouvements sociaux et les technologies de l'information et de la communication



La guerre en Irak s’est constituée comme un événement géopolitique historique dépassant très largement le cadre des pays impliqués dans l’action belligérante à proprement parler. Ainsi de septembre 2002 jusqu’à mars 2003, avec le début de la guerre en Irak, ont émergé plusieurs sphères de communication autour de la question d’une possible attaque armée contre le régime de Saddam Hussein en Irak. Pendant ces quelques mois nous avons pu sentir la façon dont se créaient des "courants d’opinion", comment ceux-ci étaient en tension et comment finalement se mettait en place une "opinion publique" qui affichait son rejet envers la "guerre préventive" proposée par le gouvernement nord-américain et quelques alliés tels que la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Espagne.
Barcelone, et avec elle la Catalogne, n’échappèrent pas à cette situation. Il est curieusement intéressant d'observer comment dans ce contexte de positionnement dichotomique, où la neutralité fut l’exception se sont dessinés des échelles territoriales de prises de position actives innovantes. En effet, en marge de la position gouvernementale, traditionnellement porteuse de ce type de prise de position, les villes ont construit, dans le cadre des mobilisations citoyennes réalisées dans leur espace urbain spécifique, des espaces médiatiques qui ont fonctionné comme des porteurs de "courants d’opinion".  En ce sens Barcelone et Rome se sont intronisées comme "capitales mondiales de la paix".

Cet article tente de mettre en relief une chronologie des événements marquants aux vues de la relation entretenue entre les mouvements sociaux, les TIC et la prise de position citoyenne ayant surgi à Barcelone contre la guerre. L’analyse de ces événements se base sur une lecture des faits qui allie une exploration documentaire et webographique, ainsi que la réalisation de plusieurs entretiens auprès de citoyens et militants ayant participé à la mise en place des actions collectives citées ou les ayant simplement vécu au premier degré, c’est à dire à travers une participation à la réalisation des actions proprement dites.


A. La guerre du point de vue de sa légalité juridique comme argument structurant pour les mouvements sociaux anti-guerre

L'association libre d'avocats [1] est une structure qui a pris part au mouvement anti-guerre en mettant en exergue son capital culturel et professionnel au profit des autres collectifs qui mettaient en place des actions contre la guerre. Elle a donc misé sur la construction d'un discours délégitimant d'un point de vue juridique la légalité d'une action militaire contre l'Irak. En effet l'association libre d'avocats considère que la nouvelle doctrine militaire stratégique des USA contredit ouvertement la charte des Nations Unies, car l'utilisation de la prévention comme prétexte à l'agression, ne peut justifier une intervention aux vues du chapitre 7 de la charte de l’ONU, puisque la menace mise en cause devrait se constituer comme une agression actuelle et non pas être de l’ordre d’une présomption préventive. En ce sens la guerre qui s'est déroulée en Irak peut être considérée comme "une bombe de démolition placée dans les fondations de la délicate et fragile architecture du droit international".
Toujours dans le même sens les "guerres préventives" sont des "guerres d'agression" car il n'existe pas de précédent dans la loi internationale justifiant l'usage de la force préventive quand il n'y a pas eu d'attaque imminente ou de fait de la part d’un état offenseur. Par contre il existe des dispositions qui indiquent que l'usage de la force préventive est illégal. Rappelons que le tribunal militaire international de Nuremberg rejeta l'argument de l'Allemagne qui affirmait s'être vue obligée d'attaquer la Norvège pour prévenir une invasion alliée.
Ainsi le préambule de la charte des Nations Unies signée à San Francisco en 1945 annonçait entre autres objectifs la nécessité de "préserver les générations futures du fléau de la guerre, qui deux fois durant nos vies avait infligé à l'humanité des souffrances indicibles". En conséquence la charte établissait dans l'article 2.4 la prohibition de recourir à la menace ou à l'usage de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de n'importe quel Etat.
Pourtant la Maison Blanche envoya au Congrès américain, quelques mois avant le début des "hostilités", la "Nouvelle stratégie de sécurité nationale" dans laquelle les Etats-Unis s'attribuaient le droit de lancer des attaques préventives contre d'autres pays ou organisations si ainsi le conseillait son intérêt national et ceci en marge donc des indications prônées par les Nations Unies. L'objectif de cette nouvelle stratégie de sécurité consistait à "identifier et détruire la menace avant qu'elle puisse se concrétiser, même s'il plane des doutes concernant le lieu et le moment de l'attaque ennemie", toutefois ce droit que s’attribuaient les Etats-Unis était sujet à un bémol, dans le sens où il ne pouvait pas être invoqué par d'autres Etats : "le restant des nations ne devra pas utiliser la prévention comme prétexte pour l'agression".
Ainsi le concept de guerre préventive est inscrit dans une démarche illégale aux vues des accords et traités de justice internationale et il s’agit aussi d’une remise en cause totale du principe fondamental de "justice universelle". Celui-ci repose sur une définition concensué par un tribunal international de droit pouvant élaborer une définition des caractéristiques d'une violation des droits humains en cours dans un Etat souverain et permettre l'extradition et le jugement des auteurs de ces délits. Pourtant face aux événements s’étant déroulés au niveau international les mois passées nous pouvons affirmer que ce droit prend l'eau à son tour.


B. Des "courants d’opinion" à la création d’une "opinion publique"

Le mouvement anti-guerre s’initie dans les cercles artistiques, intellectuels puis étudiants. La dernière cérémonie des Goya [2] connut un considérable impact médiatique puisque dix millions de téléspectateurs la suivirent en direct. Au fil de la remise des statuettes, la majorité des personnalités récompensées prit position, soulignannt outre les remerciements de rigueur un  mécontentement ou un rejet de la politique menée par le gouvernement du Parti Populaire et de son leader Mr José Maria Aznar. Furent remit en cause la gestion de la catastrophe du Prestige,  l’appui politique et militaire à la guerre en Irak, la situation des ouvriers de Sintel à Madrid [3], etc.
Le lendemain de la cérémonie, la télévision nationale chercha à censurer les événements en ne faisant circuler aux autres chaînes que des extraits dépourvus de contestations. Dans le même temps des dirigeants du Parti Populaire engage une campagne visant à délégitimer l’industrie du cinéma espagnol, demandant en susbstance à la Présidente de l’Académie des Goya, Marisa Paredes, considérée complice des événements de protestations survenus lors de la cérémonie, de présenter sa démission. Vers la même époque commencent à circuler sur Internet des lettres ouvertes rédigées par des écrivains en tête des ventes, celles de Gabriel Garcia Marquez notamment, dans laquelle l'auteur colombien fait mention des autres "11 septembre" provoqués ou cautionnés par les Etats-Unis. Celle de Paulo Cohelo également, dans laquelle il remercie le gouvernement américain pour sa politique étrangère qui finit par provoquer l'activation des réseaux de solidarité et de coopération entre les acteurs de la société civile et les citoyens.
On peut en outre souligner le succès du film documentaire "Bowling for Columbine", qui cherche à analyser les causes de la violence américaine, et qui opère une remise en question du premier amendement de la Constitution américaine, de la culture de la peur et de la paranoïa, stimulée selon Michael Moore par les mass médias américains.

A travers ces quelques exemples nous pouvons voir comment la prise de position de figures connues de la sphère culturelle et intellectuelle contribua à rendre visible le débat moral, politique et idéologique associé à la possibilité d’une "guerre préventive" en Irak. Un des faits marquants de cet ensemble de prises de position fut le type de supports médiatiques requis pour les véhiculer, en tant qu'outils permettant l'amorce d'un débat, et s’inscrivant aussi bien dans les mass médias que dans ceux considérés comme alternatifs. En ce sens l’utilisation croisée des deux types de supports se constitua à nos yeux comme un catalyseur fort dans la structuration des courants d’opinion qui en découlèrent.  
En ce sens nous pourrions dire que la particularité des "courants d’opinion" tiendrait dans le fait qu'ils tendent à rendre visible leurs propos dans le cadre d’un certain type de médias et qu’ils sont constitués par un corpus de discours à haute teneur idéologique et politique. De la même façon ce corpus de discours s’inscrit dans des supports médiatiques choisis (télévision, radio, internet, publication, etc) qui de par le type de récepteurs à qui ils s’adressent conforment un courant d’opinion particulier. Ainsi le "courant d’opinion" allierait deux dimensions, le fait de véhiculer un corpus de discours idéologiquement marqués et le fait de prendre en compte le type de médias qu’il utilise pour être véhiculé afin d’atteindre une certaine fraction de la population.
Nous pensons qu’un ensemble de "courants d’opinion" qui tend vers la mise en perspective d’un même objectif – dans le cadre de cet article il s’agirait de l’acceptation d’une guerre préventive en Irak ou de son rejet –, se structure finalement comme une "opinion publique" et cela indépendamment des types de médias qui les encadrent ou véhiculent.

Dans le cadre de cet article nous chercherons à voir comment la construction de ces "courants d’opinion" à abouti à une opinion publique qui pouvait se targuer d’obtenir un consensus de 90% [4] de la population espagnole contre la guerre. Les sondages, tout comme les images télévisées, font exister des choses qui n’ont pas d’existence/essence mais qui produisent pourtant des effets du réel. C’est peut être pour cela que l’usage des chiffres statistiques a permis de légitimer et appuyer tout un ensemble d’actions collectives citoyennes dans le cadre de l’espace public urbain et dans le cadre du réseau Internet qui aurait sûrement été jugé "inacceptable" ou "inavouable" s'il n’avait été porté par ce fameux "90%".  

Il faut aussi souligner que la mise en place de cette "opinion publique" contre la guerre a été appuyée par la municipalité de Barcelone, car celle-ci, à quelques mois des élections municipales [5], se devait de faciliter le déroulement des actions collectives dans l’espace public. Barcelone a su en tirer profit pour renforcer son aura médiatique de ville pour la paix et pour la mise en place du Forum des cultures 2004. Ce rôle n’a pu être tenu à Madrid, ville dans laquelle la répression des citoyens au cours des manifestations a été très brutale et où s’est mis en évidence le rapport conflictuel entre le gouvernement central et les mouvements sociaux en général.


C. De la constitution d’une opinion publique à la mise en pratique des actions collectives et des actions de désobéissance civile

Nous avons pu voir antérieurement comment la structuration et l’articulation de nombreux "courants d’opinion" voient émerger une opinion publique globale et fédératrice, et comment celle-ci permet la constitution d'actions collectives citoyennes tendant vers la remise en cause de la légitimité des décisions prises par les représentants politiques. Toutefois, étant donnée la chronologie des mobilisations dans d’autres pays occidentaux, nous pouvons nous demander pourquoi la mobilisation n’a pas cessé à Barcelone lorsque la guerre à éclatée. En effet Barcelone a vu ses actions se multiplier et se tendre, se rapprochant souvent de l’idée de désobéissance civile. Il existe plusieurs hypothèses possibles qui sont sûrement complémentaires : le fait par exemple que l'Espagne n’ait pas envoyé ses troupes militaires prendre part au conflit, le fait que plus un espace urbain jouit d’un tissu associatif riche et varié, plus il est capable d'entretenir et alimenter la mobilisation, le fait qu’un divorce venait d'éclater entre la décision du gouvernement d’appuyer la guerre en Irak et les citoyens de ne pas la légitimer. Toutefois nous croyons qu’un autre élément rentre en jeu. Celui-ci a trait à un type d’action collective particulier qui fait se rejoindre intimement les médias alternatifs sur Internet : les mouvements sociaux et l’investissement à contre courant du paradoxe de l’action collective. Rappelons que selon Mancur Olson, "il ne suffit pas qu'un ensemble d'individus partage un intérêt commun pour que celui-ci s'engage dans une action collective en vue de satisfaire cet intérêt. L'entrée dans l'action collective implique, pour chacun des membres du groupe latent, un certain coût de participation (temps, argent, etc.)" [6]. Or cette dépense d'énergie peut impliquer que les individus préfèrent adopter la posture du "passager clandestin", laissant le soin aux membres du groupe de prendre à leur charge les coûts de l'action collective. Il nous semble donc important de réfléchir aux typologies d’actions collectives s'étant déroulées avant et pendant le déroulement de la guerre afin de voir si elles se placent de manière distincte par rapport à ce paradoxe, et afin de voir si les TIC joue un certain rôle dans les liens entretenues entre l'action collevctive et son paradoxe.

> Les manifestations de masse comme celles du 15 février 2003 (plus d’un million et demi de personnes à Barcelone) permettent que s’articule une foule d’actions plus proches du happening et de la création de situations. Ainsi on a vu se mettre en place des "acampadas" [7] sur diverses grandes places de la ville, des occupations spontanées d’immeubles abandonnés, des sit-in dans les locaux d’entreprise qui cautionnaient la guerre [8], des happenings théâtraux, etc. Il s’agit d’actions qui ont comme point commun le fait de chercher à occuper et s’approprier l’espace public pour être visibles, pour amorcer des dialogues et débats avec les passants et pour empêcher que le mouvement anti-guerre ne fléchisse. Ces actions sont surtout le fait d’étudiants, artistes et militants d’associations. Cette partie de la population à donc chercher à mettre au profit ces connaissances culturelles, artistiques ou médiatiques dans la construction d’actions rapides, fluides et surprenantes. Notons que paradoxalement les happenings autour de la simulation de la barbarie de la guerre (exemple d'un bombardement sur des civils qui s'allongent par terre) se réalisent sous un mode festif, il s’agit de la simulation dans la bonne humeur. En mode de comparaison, les manifestations de la plateforme "Nunca Máis" [9] sont aussi très festives. On peut aussi remarquer qu’au cours des mois de décembre et janvier l’opinion "publique" espagnole fut plongée dans un dilemne, entre les effets médiatiques et les ressorts utilisés par le Parti Populaire pour se donner une contenance par rapport à la gestion désastreuse et la censure exercée concernant les effets écologiques, économiques, humains de la catastrophe du Prestige. On a souvent mis en rapport les deux événements, avec des slogans style "Bush, si tu veux du pétrole, vient le ramasser sur les plages de Galice". En ce sens les manifestations contre l’horreur se déroulent dans un esprit festif, et elles visent explicitement à mettre en relief le fait que ce sont les réseaux de solidarité noués au sein de la société civile qui doivent prendre le relais quand les administrations publiques se désengagent.

> Les actions individuelles menées sur le net comme action collective intermédiaire : par exemple, les vagues de courriers électroniques collectifs qui fonctionnent par renvois successifs, de listes de diffusion, de lettres ouvertes, de netstrike [10], de pétitions et d’indications d’actions à mener dans le net. Il résulterait intéressant de pouvoir étudier la composition quantitative et qualitative des mouvements d’informations sur Internet. Des réponses aux questionnements tels que "qui envoie quoi et à qui ?", "quelles sont les motivations sous-jacentes attachées aux courriers électroniques ?", "quelles sont les typologies d’actions menées ?", au sens de "qui produit des informations, qui les lit et qui les rediffuse ?", se constitueraient comme des pistes d’analyse centrales à l'heure d’éclairer les véritables liens entretenus par les mouvements sociaux et les TIC. Il nous manque énormément de données concernant ces questions-là, toutefois nous émettons l’hypothèse que cet ensemble de micro-actions a joué un rôle fondamental dans la mise en place et le maintien d’actions dans le cadre de l’espace urbain à Barcelone. Cela a permis entre autre la constitution d’un espace public politique où la dimension physique, c’est à dire les actions vécues, perçues, conçues, sensoriellement et symboliquement, fonctionnent sous le mode de la réciprocité avec les actions qui sont menées sur Internet. En ce sens le net se constitue comme le lieu où l’on véhicule le menu des actions collectives possibles et le manuel d’usage pour les mener à bien (quand, où, comment, avec qui ?).

> Les actions collectives basées sur l’individualité et leur optimisation quantitative à travers l’idée du moindre coût énergétique :  
Les draps blancs aux fenêtres, les badges contre la guerre épinglés par les individus au revers de leur veste, les "caceroladas" sur le mode argentin, ces trois types d’actions ont modifié profondément l’aspect visuel et auditif de l’espace urbain. Elles partagent plusieurs traits essentiels :  
- le fait de pouvoir être réalisé individuellement et cela en suivant des indications simples: pendant la guerre, un drap blanc au balcon signifie votre rejet de celle-ci, de même que le badge épinglé à votre veste, la casserole empoignée et frappée à l'aide d'une cuillère en bois signifie que vous prenez part à une manifestation acoustique qui symbolise votre mécontentement envers les décisions prises par les administrations politiques au pouvoir.
- le fait de devenir symboliquement et médiatiquement pertinentes quand elles sont mises en application par une grande multitude de personnes. C’est l’accumulation de ces micro-actions menées par des individus isolés qui souligne la réussite ou non de la médiatisation de l'organisation d'une action. C’est parce qu’une grande quantité d’individus a pris connaissance de l’heure, du jour, du moyen à user, et qu’elle a décidé individuellement de mettre en application ces indications que l’action est devenue pertinente aux vues de ses retombées médiatiques.
- le fait qu’elles se déroulent et s’inscrivent généralement dans des espaces interstitiels, en effet les "aceroladas" étaient censées se dérouler entre 22h et 22h15, heure où la majorité des personnes se trouve chez elle. Ainsi  les terrasses et les fenêtres voient s'afficher les draps blancs et les casseroles retentir. Elles se constituent comme l’espace mitoyen par excellence, différenciant l’espace public de l’espace intime. Nous y voyons une métaphore de là où se situerait la prise de position citoyenne à la participation à une action collective de ce type.


D. Mise en perspective de quelques pistes d’analyse pour comprendre l’impact réel des mobilisations citoyennes contre la guerre

Nous avons pu voir comment l’émergence et la construction de canaux d’informations multiples a joué un rôle déterminant dans la structuration d’une "opinion publique" contre la guerre qui a permis de légitimer et stimuler la mise en place d’actions collectives citoyennes diversifiées. Pourtant le premier constat que l’on peut faire de ces mobilisations concerne leur échec à empêcher la "guerre préventive" d’avoir lieu.
En effet la légitimation de l’opinion publique comme élément capital dans la construction des orientations politiques décidées par les gouvernements se pose en des termes compliquées aux vues des événements survenus. En ce sens les acteurs interviewés se posent de nombreuses questions sur l’impact réel des actions qu’ils ont mis en place ou vécus dans l’objectif de participer à la construction d’un espace public politique reconnu par les autorités politiques. Les entretiens mettent en relief des éléments de questions transversales et que l’on pourrait résumer ainsi :
- Comment faire survivre cette mobilisation de masse ?
- De quelle manière est-elle capable d'intégrer, alimenter et renforcer la société civile locale ?
- Comment améliorer l’articulation et la coopération entre les mouvements sociaux aux revendications territorialisées et les mouvements sociaux aux revendications globales ?
Et d’une manière plus concrète ou immédiate :
- Comment investir ces événements pour qu’ils incident sur le résultats des prochaines élections municipales en Espagne ?
- Celles-ci verront-elles le Parti Populaire être réélu ou tout du moins ne pas l’être avec une majorité absolue comme au cours des élections présidentielles de 1999 ?

Dans le cadre de cet article, nous avons avant tout réalisé une description d’événements et d’actions qui nous ont semblés innovants mais des questions essentielles restent en suspens. En outre, étant donnés nos intérêts, elles se centrent avant tout sur la recherche d’éléments méthodologiques pouvant nous aider à rendre compte de l’articulation à l'oeuvre entre les mass médias, les médias alternatifs, les réseaux de conversations et la réalisation d’actions collectives dans l’espace urbain et dans l’espace virtuel.
En conclusion il nous faut aussi rattacher ces éléments de recherche à une question plus ample qui se centre sur les mécanismes à mettre en place pour  protéger les prises de position citoyenne face à l’augmentation des stratégies et outils au service de la répression de la liberté d’expression, de manifestation, et de mouvement.


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[1] Sinlavenia, Revista de la asociación libre de abogados, n°24, abril 2003 back
[2] Equivalente à la cérémonie des Césars en France back
[3] "El Efecto Iguazú" de Pere Joan Ventura y Georgina Cisquella, documentaire récompensé aux Goyas, diffusé uniquement dans trois salles de cinéma et qui retrace la mobilisation des 180 ouvriers mis à la porte par Telefonica et qui ont campées pendant presque deux ans dans un quartier central de Madrid. back
[4] Ce chiffre est reflété par plusieurs enquêtes (quotidiens nationaux, instituts de sondages), notamment la "consultation populaire citoyenne" menée par la plateforme "Aturem la guerra" ("Arrêtons la guerre") qui parvint à mobiliser 600.000 citoyens. Cette consultation fût reprise notamment par le Parlement Catalan pour légitimer son désaccord public avec la politique du gouvernement central. back
[5] Celles-ci se dérouleront le 25 mai prochain back
[6] Dictionnaire de sociologie, Ed. Larousse, 1995, p.12 back
[7] Création d’un village sous forme de camping back
[8] L'occupation "pacifique" du Cort Inglés et du Mac Donald's fût réalisée par des centaines de personnes qui s'étaient préalablement concertés notamment sur Internet, expliquant l'objectif de l'action, le lieu (Plaza Catalunya) et la date, mais qui n'avaient précisé nulle part quelles étaient les entreprises visées par l'action. back
[9] Plateforme créée le 21 novembre 2002 regroupant 200 associations, les objectifs visent à ce que les conséquences sociales, politiques et économiques de la marée noire du Prestige soient connues, prises en charge et ne puissent jamais plus se reproduire. back
[10] Action collective sur le net qui cherche à bloquer des pages webs grâce à la connection simultanée d'un grand nombre de visiteurs. back


WEBOGRAPHIE

www.indymedia.org
www.liberinfo.org
www.communicaccio.net
www.pangea.org
www.infousurpa.net
www.movimentsinfo.org
www.boicottpreventiu.org
www.webcaminiraq.org
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